Asmodiens - Chapitre 4 : Lâcheté

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Asmodiens - Chapitre 4 : Lâcheté

Message par Deimos le Mar 23 Déc - 0:44

Je gravis rapidement les échelons. Mes compétences de sorcier étaient de loin supérieures à celles des autres Daevas, si bien qu’après moins d’une année on m’avait confié le commandement de toute une légion. Les combats étaient acharnés. Même s’ils nous envoyaient souvent au-devant des Balaurs, nos Seigneurs Empyréens faisaient de leur mieux pour nous préserver. Nos tactiques et nos compétences guerrières s’améliorèrent tant et si bien que nous étions en mesure de tuer les plus jeunes et imprudents de leurs dragons avant de retourner nous réfugier derrière notre bouclier d’Ether. Rien de bien glorieux, mais l’essentiel, c’est que nous progressions, peu à peu.

Puis vint le jour qui nous bouleversa tous.

Le Seigneur Israphel, l’un des deux Gardiens de la Tour de l’Eternité, déclara qu’il était temps de faire la paix avec les Balaurs. Pourtant, il les détestait plus que quiconque. Selon lui, la raison de cette guerre n’était pas d’annihiler les Balaurs. L’essentiel était de protéger Aion.

J’étais stupéfait… comment l’un de nos sauveurs pouvait-il perdre son courage et sa détermination aussi facilement et soudainement ? Dans un premier temps, les Seigneurs Empyréens étaient consternés. La perspective de négocier une paix semblait absolument inconcevable. Apparemment, tout le monde était d’accord sur ce point. La proposition d’Israphel était absurde.

Pourtant, les plus faibles des Seigneurs ne tardèrent pas à montrer qu’ils n’avaient jamais vraiment eu l’étoffe de combattants. La notion d’honneur leur pesait comme un fardeau et ils avaient hâte de s’en libérer. Dame Ariel fut la première à capituler. Elle parla d’Israphel en des termes flatteurs, vantant sa sagesse, son ancienneté et sa bravoure. Sa bravoure ! C’est ainsi qu’elle qualifiait cette proposition de paix. Elle eut l’audace de dicter aux Daevas ce qu’ils devaient penser et comment ils devaient se comporter.

L’empressement avec lequel Dame Ariel et ses partisans oublièrent un millénaire de sacrifices était révoltant. Comment pouvaient-ils accorder si peu de valeur au sang versé par tant de nos compatriotes ?

Heureusement, l’esprit acéré d’autres Seigneurs ne s’était pas émoussé. En tant que Daeva, j’eus le privilège de rencontrer certains de nos Seigneurs, et c’est avec l’illustre et vénérable Seigneur Asphel que je connus la plus fructueuse des collaborations. Sa détermination était inébranlable et ses missions étaient toujours couronnées de succès. Ses manières et ses aptitudes étaient une source d’inspiration pour la plupart d’entre nous. Ainsi, lorsque l’insipide discours d’Ariel commença à faire flancher certains, je vis la grimace sur le visage d’Asphel et je sus que ma loyauté lui serait acquise. Il se leva pour parler et je me tins à ses côtés, ainsi que ses autres partisans. Il admonesta Ariel pour son dédain envers ceux qui étaient tombés avec honneur et dénonça l’initiative de paix, la qualifiant d’erreur et de perte de temps.

Une véritable tempête se déchaîna dans la salle. Le brouhaha résonne encore dans mes oreilles… les rugissements, la confusion, les accusations qui fusaient, la haine palpable entre les deux camps. Je vis Israphel se lancer dans un plaidoyer passionné devant Siel, qui l’écoutait d’un air grave. Israphel expliquait avec insistance que nous devions défendre Aion en construisant la paix, plutôt que par une guerre constante. A ma grande déception, je vis Siel acquiescer.

Afin de préserver un semblant de concorde, nous quittâmes tous la grande salle et laissâmes les Douze Seigneurs Empyréens à leurs débats. Je partis avec des compagnons d’armes qui comprenaient que seul le jugement d’Asphel était juste et acceptable. Les lâches, quant à eux, s’éclipsèrent de leur côté. La division entre les deux camps, les valeureux et les veules, était déjà visible.

Cette nuit-là, nous attendîmes patiemment l’issue des débats. Je m’en souviens clairement. Je fixais les incendies qui brûlaient à l’horizon et je réalisai qu’il n’y aurait jamais de paix entre les Balaurs et nous. Je repensai aux décennies de combats incessants, à ces yeux sombres et sans âme, des gouffres béants qui ne sourcillèrent pas lorsque les Balaurs massacrèrent ma famille et mes amis, sans autre raison que leur désir bestial de domination.

Je savais que Siel rejetterait la proposition d’Israphel. Je savais qu’Asphel défendrait sa cause, notre cause, et que les autres, même Dame Ariel, finiraient par s’y rallier. Je le savais. Et pourtant, lorsque les Seigneurs Empyréens finirent par émerger, la décision qu’ils annoncèrent me laissa pantois et pétrifia toute ma légion. Dame Siel avait succombé. Malgré toutes nos protestations, Israphel et elle étaient les Gardiens de la Tour et, en cette qualité, ils jouissaient de la plus grande autorité parmi les Douze. Leur décision était définitive. Nous allions devoir négocier avec les Balaurs. J’entendis Ariel jubiler de sa voix triomphante, et ses quatre cohortes entamèrent un chant de paix inepte.

Asphel s’avança, le visage déformé par la colère. Il partit et je m’envolai avec lui, suivi par un grand nombre de mes camarades Daevas.

Source : Aion Site Officiel.

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